Ouest-Paléo
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Vertèbrés crétacés

Le Santonien charentais

Santonien supérieur, Charente

 

Le Santonien est le quatrième des 6 étages stratigraphiques du Crétacé supérieur, il est après le Coniacien et avant le Campanien.  Il s’étend approximativement de -85,8 millions d’années (± 0,7 millions d’années) à -83,6 millions d’années (± 0,7 millions d’années).

La base du Santonien est définie par l’apparition :

-de l’inocérame Cladoceramus undulatoplicatus (premier marqueur)

-du foraminifère planctonique Sigalia carpatica (second marqueur)       

A l’origine d’autres marqueurs (première occurrence de l’ammonite Texanites, du foraminifère planctonique Dicarinella asymetrica…) avaient été définis, mais ils ont été rejetés en 1996 (Lamolda, M.A. & Hancock, J.M. 1996. The Santonian Stage and substages).

 

Son sommet est défini par :

- l’extinction  du crinoïde Marsupites testudinarius.

- par l’apparition du foraminifère planctonnique Globotruncanita elevata.

- par l’apparition de Dicarinella asymmetrica.

Le Santonien peut être subdivisé en 3 sous-étages :

- Santonien inférieur

- Santonien moyen, dont la base correspond à l’extinction de l’inocérame Cladoceramus undulatoplicatus.

- Santonien supérieur, dont la base correspond à la première occurrence du crinoïde Uintacrinus socialis.

 

Le Santonien doit son nom à la ville française de Saintes (en latin Mediolanum santonum).

En 1857 Henri Coquand, géologue et paléontologue originaire du sud de la France, nomme ainsi le stratotype en référence à la Petite Champagne charentaise que l’on trouve aux environs de Saintes, Charente-Maritime.

Le Point Stratotypique Mondial (le Clou d’Or) a quand à lui été défini en 2013 à Olazagutia, au Nord de l’Espagne.

 

Certains fossiles typiques du Santonien ont été nommés en référence de leur origine géographique (la région étant celle des peuples santons) ou géologique. On retrouve ainsi le bryozoaire Onychella santonensis, le gastéropode Nerinea santonensis,l’oursin Archiacia santonensis, le brachiopode Terebratella santonensis, ou encore les bivalves Spondylus santonensis et Ostrea santonensis.

 

 

 

Le Santonien charentais

 Au Santonien la mer recouvre en grande partie l’Ouest de la France et donc les Charentes.

Cette mer va déposer les sédiments que l’on retrouve aujourd’hui, principalement des sédiments calcaires, souvent crayeux et riches en éponges (organismes siliceux qui constitueront l’amorce de la précipitation des silex qui abondent à différents niveaux dans les couches santoniennes). Les niveaux santoniens dans les Charentes atteignent une puissance pouvant aller jusqu’à 60 mètres.

 

Les calcaires crayeux santoniens, en plaquettes ou à huîtres, sont bien développés dans les Charentes et dans le sud de la Dordogne (au Nord-Ouest de Périgueux). Des dépôts plus sableux sont présents en Dordogne, mais ne sont que peu fossilifères.

 

 

 

●Le Santonien inférieur.

Dans les Charentes, le passage Coniacien-Santonien n’est que peu visible dans la stratigraphie.

Les premiers dépôts du Santonien sont, comme ceux du Coniacien, constitués de calcaires crayeux, localement teintés de couleur verte par la glauconie, et se débitant en plaquettes irrégulières.

Ces niveaux contiennent de gros nodules décimétriques de silex de couleurs sombres (noirs ou bruns) à croûte blanche. Ils sont abondants autour de Saintes, de Chaniers (avec des silex de couleur noire ou brun) et de Chermignac (silex de couleur rougeâtre).

 

La faune est dominée par :

-les bivalves, tels que les huîtres (avec Pycnodonte vesicularis et Ceratostreon pliciferum) ou les peignes (avec Neithea, Pecten ou Spondylus).

-les gastéropodes.

-les brachiopodes (avec Rhynchonella vespertilio ou Rhynchonella difformis).

-les échinodermes (avec Micraster brevis, Bolbaster nasutulus, Parapygus arnaudi, Phymosoma regulare, ou Vologesia ovum).

-les bryozoaires.

 

 

 

●Le Santonien moyen.

Dans les Charentes le Santonien moyen est constitué  de dépôts principalement marneux.

Ils contiennent des accumulations d’huîtres appelées “lumachelles à pycnodontes“, lumachelles constituées principalement de Pycnodonte vesicularis et de Ceratostreon pliciferum. On retrouve aussi dans ces accumulations des ostréidés (Rastellum frons,“Ostrea“ santonensis, Ceratostreon matheroni, Exogyra decussata) et d’autres bivalves (Lima dujardini, Trigonia sp., Plagiostoma gigantea).

Ces lumachelles sont observables dans différents secteurs des Charentes, tels que Voulgézac, Magnac-Lavalette ou encore Villebois-Lavalette.

 

 

 

●Le Santonien supérieur.

Le début du Santonien supérieur est corrélé avec un épisode propice au développement des rudistes de petite taille, tels que Praeradiolites sinuatus, Biradiolites fissicostatus ou Biradiolites coquandi.

La fin est quand à elle marquée par le développement de dépôts détritiques (silts quartzeux, micas, glauconie), soit calcaréo-sableux, soit sables purs. Ce type de dépôt constitue les buttes témoins de Villebois, Magnac et Fouquebrune en Charente (les buttes témoins sont les “restes“ d’un ancien massif qui a été érodé avec le temps

Au nord-est d’un axe Mareuil-Pontaroux, les sables présentent des stratifications entrecroisées et de grandes dalles de silex blonds. Ces dépôts détritiques résultent d’un épandage deltaïque issu d’un relief existant vers Nontron (en Dordogne).

 

La faune est assez riche et variée, on y retrouve :

- des anthozoaires, Cyclolites ellipticus,

- des bivalves, Scaphotrigonia, Spondylus, Ceratostreon pliciferum,

- des brachiopodes, Cyclothyris vespertilio,

- des céphalopodes, Baculites, Eutrephoceras, Placenticeras paraplanum, P. polyopsis, Pachydiscus,

- des gastéropodes, Acteonella laevis, Natica, Pleurotomaria,

- des oursins, Cidaris, Hemiaster, Orthopsis miliaris, Phymosoma, Salenia, Tiaromma,

- des poissons, Ptychocorax, Squalicorax kaupi, Cretolamna appendiculata, Cretoxyrhina mantelli, Scapanorhynchus raphiodon, Polyacrodus, d'Anomoedus,

- des reptiles, Prognathodon.

 

 

Références bibliographiques.

- Coquand H. 1856.Traité des roches considérées au point de vue de leur origine et de leur composition.

- Coquand H. 1862. Description physique, géologique, paléontologique et minéralogique du département de la Charente, tome 2

- Gabilly J., Cariou E. et alii, 2007. Guide géologique  - Poitou, Vendée, Charentes.

- Lamolda, M.A. & Hancock, J.M. 1996. The Santonian Stage and substages.

- Lamolda M. A.,Paul C. R. C.,Peryt D., Pons J. M.. 2014. The Global Boundary Stratotype and Section Point (GSSP) for the base of the Santonian Stage, “Cantera de Margas”, Olazagutia, northern Spain.

- Néraudeau D., Mazan et R. Vullo, 2013. Fossiles de la préhistoire charentaise.

- d’Orbigny A., 1842-1843. Paléontologie française : description zoologique et géologique de tous les animaux mollusques et rayonnés fossiles de France, tome 2 : Gastéropodes.

- d’Orbigny A., 1850. Prodrome de paléontologie stratigraphique universelle des animaux mollusques et rayonnés fossiles.

- d’Orbigny A., 1852. Cours élémentaire de paléontologie et de géologie stratigraphiques.

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